dimanche 25 décembre 2011

un passage de frontiere épique

Le voyage se continue toujours avec la même bande par Loja et Vilcabamba, deux villes du sud sans grand interet.

Loja, pas très jolie, à part un chateau construit il y a dix ans et qui fait carton pate à la disneyland. Et puis un marché qui brille surtout par la quantité impressionnante de mouches qu’on voit sur les viandes. Les hotels, plutot glauques, et sinon hors de prix… Sans oublier une magnifique statue representant une vieille femme, en hommage á "la premiere vendeuse ambulante". Chacun ses heros.
La seule chose à noter, c’est un peit dej gargantuesque dans un bon restau puisque Loja est, selon le guide, la capitale des douceurs!!

Et ensuite, Vilcabamba, tout au sud de l’equateur, 2000 ames dont probablement la moitié de gringos…. 
Petite enclave au milieu des montagnes, peuplée de personnages tous plus allumes les uns que les autres.
Quelques portraits.
Gavilan, septagénaire néo zelandais rachitique, au chapeau de cow boy, bottes et ceintures de cuir, qui élève des chevaux et fait des tours pour les touristes. Après verification, il est même recommandé par le guide.
Charlie, qui tient le bar à gringo et qui ne parle pas un mot d’espagnol après 5 ans à vivre dans ce trou paumé.
Les deux jeunes "perro-flauta", amerloques hippie en pantalon barriolé, tee shirt a trou, toujours pieds nus et chapeau sur la tête, qu’on rencontre a peu pres 30 fois en deux jours en train d’errer sur les trois rues de la place centrale.
La sexagénaire americaine avec un chapeau rose à fanfreluche et une perruque XVIe siecle, qui tente de choper tous les mecs qui croise son chemin.
etc, etc… 
Reste plus qu’à imaginer tout ce beau monde plus quelques autres, raides bourrés tous les soirs au charlito’s (le bar de charlie), en train de s’empiffrer de frites froides et de gueuler dans le plus pur accent cow boy, et puis vous aurez une petite idée de l'ambiance qui regne á Vilcabamba.

Et c'est sense etre la ville avec l'esperance de vie la plus elevee d'equateur... pas sur que ca le reste tres longtemps!
Bref, deux nuits, une belle balade à vélo et puis il est temps pour moi de partir.

PEROU, ME VOILA!!!


Et c'est lá que ca se complique quelque peu.

Rallier chachapoyas par vilcabamba, c’est tout droit sur une carte, environ 400km. Sauf que la frontière à été crée il y a 5 ans, que c’est la moins usitée de toutes les frontières, et qu’il faut prendre à peu pres 7 ou 8 bus sur deux jours pour arriver de l’autre côté.
Meme pas peur!

Donc le dimanche matin, après une nuit presque blanche à un concert de reggae, je dit au revoir à tout le monde pour prendre le seul bus qui peut m’amener de l’autre côté. Depart à 6h du matin.
Ca commence bien: 5h de route cahotante dans un bus tape cul, pour arriver a Zumba, premier trou paume glauque d'une longue serie... et dire que je suis la seule gringa dans le bus...

 Zumba, vue de la station de bus

Je poursuit a 14h par une "ranchera" qui m'amene jusqu'a la frontiere de la balsa. Longues heures a sentir se broyer mon coccys, qui risque de ne plus tenir tres longtemps intact...

et la voila: la frontiére, dans la vallee au centre de la photo. le plus proche,c'est l'equateur. Et au fond, le perou. 

et vu de pres: a droite, Equateur. A gauche, le Perou

Et il n'y a absolument absolument personne.
Et oui, bonne surprise: je suis la SEULE ET UNIQUE personne a passer la frontiere ce jour lá!

 poste de frontiere equatorien

Je fais tamponner mon passeport cote equatorien, et commence vaillament a traverser le pont qui separe les deux pays.
Aie, un douanier equatorien vient me parler.
 "-Tu viens d'ou? tu t'appelles comment? tu vas ou? tu as aime l'equateur? tu es reste combien de temps? (...)"
Oulala merde, qu'est ce qu'il me veut celui la... Je reponds sagement á toute les questions, de plus en plus perplexe... et puis au bout de 10 minutes, il m'invite a passer la nuit dans son baraquement cote equatorien.
hum... comment dire... je refuse aussi poliment que possible.
"- bon bah si tu as des soucis au perou, n'hesites pas á revenir passer la nuit ici, je t'attends!"
Muchas gracias, mais je crois que je vais decliner l'invitation!!

Quelques metres de plus, et me voici enfin dans le nouveau pays.

Alors alors, il faut aller oú... je tente un premier bureau. Deux douanier en train de siroter des bieres devant le foot m'acceuillent joyeusement, avant de m'envoyer dans la baraque d'a cote. Ah. mais il faut faire tamponner mon passeport avant par les flics, dans une troisieme baraque.
Oups, je me retrouve obligee d'interrompre leur sieste... desolee les mecs, je sais que vous avez pas l'habitude, mais j'aimerais bien passer la frontiere, moi!
Allez retour a la premiere baraque. Toujours aussi sympa, les deux douaniers m'offrent une biere et commencent la conversation. Ce n'est qu'une demi heure plus tard qu'ils m'apprennent que non, c'est pas ici que j'aurais mon visa, c'est a cote. "Mais repasse nous voir apres!!"
C'est gentil mais ca commence a bien faire, j'aimerais bien aller au perou, moi!!
 poste de frontiere peruvien...

 Enfin. Tous les papiers en regle, je me tire. Un taxi m'emmene jusqu'a San ignacio.
Re-ville glauque. Hotel cheap atroce, avec une odeur de pisse qui flotte dans ma chambre surchauffee. Mais putain qu'est ce que je fous lá toute seule??????

Au matin, faut bien continuer. Decidee a me tirer d'ici le plus vite possible, je pars a 6h du mat'. Apres avoir interroge une quizaine de personne, je fini par trouver les collectivos pour Jaen. Et me rends compte au moment de monter dedans que j'ai oublie ma pochette secrete avec passeport, carte bleue et tout mon argent á l'hotel.

Reste plus qu'a sprinter avec mes 15 kilos de sac sur le dos, en priant que les femmes de menage n'aient pas commence ma chambre. Faut croire que Dieu existe, je retrouve tout dans ma chambre, intact. Intense soulagement.

Allez, on repart. Quelques heures en plus, pour ariver dans une ville...emcore plus glauque. Jaen, c'est simple, y'a que des tuk tuk et de la poussiere.
 jaen...

 Nouveau collectivo pour Bagua Grande. Plus un sou en poche. Une peruvienne avec qui j'avais voyage m'accompagne jusqu'a la banque, puis me met dans un taxi pour chachapoyas.... le but est proche.

Ah bah non. Apres une heure de trajet, on s'arrete en pleine cambrousse: y'a des travaux sur la route, donc elle est coupee entre 13h et 15h30. Et merde, il est 13h05.
Bon, c'est l'occaz de faire connaissance avec mon compagnon de voyage, un jeune medecin peruvien qui me donne son contact au cas ou je voudrais aller faire un stage en amazonie... des perspectives s'ouvrent!

 
en attendant l'arret des travaux sur la grand route...

Et voilá. 17h, enfin a Chachapoyas. Je m'ecroule a l'hotel Kuelap, en observant la poule qui s'invite a ma fenetre.


Ca, c'est bien le Perou!       

4 commentaires:

  1. ouaii quelle galère effectivement !! mais t'es bien courageuse quand même va !! c'était vraiment super de trouver ta bouille sur skype ce matin !! heureuse de te voir en pleine forme !
    bon courage pour le monchoupichou (non je ne sais pas comment ça s’écrit !! ) et gros bisous à joelle aussi !
    fanny

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  2. Ca c'est de l'aventure ! Pour ton lardefeuilles, fais comme les Dupont dans le Secret de la Licorne : attache-le avec un élastique à ton futal ou quelque chose qui ne te quitte jamais ! Ouaip, Dieu doit bien exister parfois... Bises et bonne année !

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  3. oohlala j'imagine le flip en arrivant dans le bus sans ton passeport...
    éh ben tu en auras des aventures à raconter à tes petits-enfants toi !
    Je te fais des bisous, joyeux noël et wakatépé !
    Sarah.

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  4. Juju, cette poule n'est pas la réincarnation d'une gringa qui se serait égarée ivre morte de cerveza ? bizarre, j'ai eu l'impression en voyant cette poule égarée, de l'avoir deja vue, quel delire, j'arrête de boire, promis !! mais toi tu aurais préféré un coq, c'est plus bruyant non ?
    Biz de Dadoun à ses deux aventurières !!!

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