vendredi 16 décembre 2011

saraguro: ville indigène

Après quelques jours à Cuenca, ville coloniale très agréable, suivie d'une matinée dans le parc national Cajas, le voyage se continue. Prochaine escale: Saraguro, petite ville entre Cuenca et Loja, et centre de la cultura indigène Saraguro.

A Cuenca, premiere experience de couch surfing: je loge chez Priscilla, une equatorienne de 20 ans super sympa. Le premier soir, elle nous invite (le trio, j’ai continue la route avec les deux autres) à manger chez elle d’excellents tamales de poisson ramene specialement de la cote, fait par sa mere. Et puis chaque soir, fiesta avec de nouveaux gens…
La ville est magnifique, très tranquille, j’y serais meme bien reste quelques jours de plus! Quand au parc, à 4000m d’altitude, ce sont des dizaines de lacs au milieu du paramo, avec quelques arbres tordus au tronc comme du papier à cigarette… très très beau aussi.
Mais bon, imposible d’ecrire des articles sur tout, il va falloir accelerer. Surtout vu l’exploit que represente de taper un article sur un clavier sino peruvien où il manque la moitié des touches et où les autres sont inversées.

Donc, entrons dans le vif du sujet: le 30 novembre, Saraguro.

Ca commence par une surprise dans le bus, où je retrouve une bonne partie de la bande d'avant! Histoire de feter ça en arrivant, on s'ouvre une bouteille de pinard avec pain et fromage. Moment assez surréaliste: dans le brouillard sur la place centrale d'un village de 2000 ames, botellon international entre les 6 seuls touristes de la ville!

Le lendemain, nous decidons d’aller visiter les “banos del inca”, une cascade à proximité. Fort decevant. A tel point qu’on l’a renommée la “meada del inca”… Mais disons qu’elle a le merite d’etre photogénique!!


La suite est bien plus interessante. Nous nous baladons dans les villages indigenes aux alentours et… pas un seul touriste, nous voila veritablement immerges dans la vie de la campagne equatorienne.




Les saraguros se distinguent par leur vetements specifiques: pantalon noir et ponchos pour les hommes, jupes noires en laine pour les femmes, avec parfois un chapeau avec des motifs “tache de vache”. Sans oublier les superbes bijoux en argent, colliers, broches et boucles d’oreilles à se damner! Mais surtout, ce qui fait toute la particularité de ce peuple, c’est à quel point ils ont conservé ce costume: meme les enfants et les hommes le porte, ce qu’on ne voit nulle par ailleurs.


Il faut dire que l’equateur est un pays très raciste: au sommet de l’echelle sociale, le plus blanc de peau. Tout en bas, l’indigène, d’autant plus bas qu’il conserve son mode de vie indigène. Bon, et forcement, plus bas que tout, les noirs, pire que tout.  Un exemple? En equateur, on dit pas “fait attention, c’est un quartier dangeureux”, mais “fait attention, y’a plein de noirs dans ce quartier”. Et ca choque personne. Dis, Marine, pas mal de potentiel dans ce pays, non?

Echelle de valeur archaique qui perdure depuis l’epoque coloniale, où l’espagnol domine la société et l’esclave est au plus bas…
Et toutes ces femmes en costume bariolé si photogéniques sont le plus souvent des vendeuses de rues ou des paysanes sans le sou.
Anecdote “amusante”: les chapeaux qu’elles portent sont en fait l’un des vestiges de la domination espagnole, qui les coiffait ainsi pour les humilier.

Il est donc assez rare de voir des jeunes assumer leur identité indigène et oser s’habiller de  manière traditionnelle!

(Maintenant que j’y pense, c’est aussi le cas à Otavalo. Mais otavalo est tellement touristique qu’on se sent presque agressé… alors qu’ici, les enfants sont justes curieux de nos appareils photos, les gens discutent avec nous sans rien attendre… C’est tellement agréable de se sentir eloigné du tourisme)

Par hasard, nous tombons sur une école en pleine récréation. L'occasion de passer un moment à jouer avec les enfants, à leur montrer nos appareils photos... et à mitrailler au passage!

 






Puis, dans un village, nous visitons un atelier de tissage. Apres une demi heure à parler avec le couple, difficile de resister à leur acheter leur artisanat,quand on voit leur condition de vie et le temps que ca prend de faire juste un bout de tissu... A l'ancienne, du filage de la laine jusqu'au tissage sur la machine en bois, en passant par le cardage avec des genre de cactus, il faut presque deux semaines pour faire un chale.


 Et détour d'un chemin, voici une classe de sciences naturelles!!



Après cette journée bien chargée, il est temps de se reposer... Et pour ca, la meilleure maniere, c'est toujours une bonne cerveza!



3 commentaires:

  1. finalement, tu es très peu seule alors, tu es toujours entourée ! amuse-toi et profite cousine !
    Sarah.

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  2. Ma Juju, j'ai dû ouvrir "google earth" pour arriver à te suivre! J'étais perdue entre les caïmans, le cuy, les cascades et les sommets enneigés. Je te retrouve à Saraguro avec ces si beaux enfants, leurs joues roses et leurs yeux pétillants. Tu as dû retrouver ta maman mais n'oublie pas de nous donner des nouvelles! Je pense à vous et les cargos, que je vois s’éloigner dans la tempête, me donnent bien envie de vous retrouver!
    Des containers entiers de baisers.
    Lolo

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  3. Salut Juju,

    Que tes belles aventures continuent. Ce pays a l'air extraodinaire.
    Je te souhaite un tres tres bon Noel de Londres ou nous sommes tous les 4. Le Pere Noel vient de passer et j'avoue que ces enfants sont vraiment tres gatés!!!
    Je t'embrasse,
    Isa

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