dimanche 29 janvier 2012

el valle sagrado

Me voilà donc de nouveau seule.
J’en profite pour rester quelques jours de plus dans la région de Cuzco, afin d’aller visiter d’autres ruines qui se trouve dans la vallée sacrée , juste à côté de Cuzco.

Tout d’abord, les ruines incas de Tambo Machay, Qenk’o et Sacsahuayman, juste au nord. Des trois, seul le dernier me fait vraiment une forte impression: pierres gigantesques et emboitement parfait…


Puis le lendemain, premier village, Pisac: un marché artisanal (piège à touriste) dans lequel je ne m’attarde pas, et puis les ruines, perchées sur une montagne. 



Le jour suivant, je pars pour Ollantaytambo, magnifique village qui a gardé toutes les fondations incas, surplombé par d’imposantes ruines. 



Et en plus, j’apprends que le lendemain, c’est “la bajada del niño”, la fête la plus importante de l’année. J’y reste donc un jour de plus.

Bel exemple de syncrétisme, cette fête est un curieux mélange de tradition andine sur fond religieux catholique.
Elle a lieu le 6 janvier, soit pour les rois mages. 

Mais en fait, la légende veut que ce jour là, une femme indigene trouva un bébé qui lui était apparu en plusieurs fois en rêve auparavant. Elle l’acceuillit, l’éleva, et voici l’histoire de l’apparition de… Jesus. On honore en souvenir de ce jour deux statues d’enfant qui le représente, et une partie de la population est déguisée, masquée, danse sur de la musique andine. 




Sauf que, comme c’est un peu catholique quand même, on se fouette à tout va (toujours ce bon vieux souvenir de l’inquisition espagnole), et puis il y a cinq messes par jour. 
J’ai d’ailleurs assistée à l’une d’elle, par curiosité. Vachement apprecié le sermont de “ne fouettez pas votre femme, elle est votre chair, et puis si elle s’en va, qui va faire à manger?”. Et aussi le “mínimum 12 enfants par famille”... visiblement, c'est pas un apôtre du preservatif, lui.



petite séance de flagellation en musique (le public se prend aussi quelques coups, mais seulement les hommes, par chance)

Enfin, le lendemain, l’escapade se termine par la visite des sites des Salinas et de Moray. 

 salinas: marais salants
 
Toujours dans l’optique “je suis independante et je paye le moins posible”, je me fais le premier à pied, puis rando jusqu’a un village intermediaire,Maras, d’où je loue un vélo pour Moray.
Vélo de merde, route toute boueuse, j’arrive completêment explosée au site… mais c’est joli. Il y a meme des hari khrishna qui font leur cirque au milieu des cercles. 

terrasses incas de moray

Ça se gate au retour… je déraille avec la chaine completement bloquée dans le dérailleur au milieu de la route. 20 minutes d’effort sans arriver à rien, l’heure tourne, je veux être à Cuzco le soir meme pour retrouver des potes, je suis crevée… un gamín s’approche “dame cramelos, candies, candies…” 
Et là j’explose: “joder pero ves que estoy en la mierda con mi bici y no tienes nada mas que hacer que pedirme caramelos!!!!!” (ça doit être le 10e gamín de la journée qui m’en demande, et de toute façon, j’en ai pas, je veux pas encourager la mendicité). Le môme se barre, surpris et un peu choqué par cette gringa folle qui lui hurle dessus en mauvais espagnol.
Bon j’avoue, j’ai eu des remords ensuite.

Sauf que quand enfin j’arrive à Maras, je trouve la porte du loueur de vélo fermée. Et je lui ai laissé tout le superflu que j’avais avec moi, pompes, fringues, etc. Et qu’il m’avait juré qu’il serait là toute la journée. Alors je demande à une voisine sur le perron de sa porte quand il va revenir. Elle me jette un regard aussi expressif qu’une vache regardant passant les trains.
“Mañana”, répond elle.
J’explose à nouveau, hurle en franco-espagnol toutes les insultes qui me passent par la tête, que je veux pas rester bloquée dans ce village de merde, que je vais lui défoncer sa porte à ce connard, etc… Peu à peu, tout le voisinage commence à s’attrouper en commentant ce que je raconte, assez amusés par la situation.
Une dame me lance: “et s’il est pas là, qui va te rendre tes affaires?” d’un air narquois. Mais putain tu comprends pas que c’est ça le problême????
Mais si, ils comprennent très bien, sauf que les états d’âmes d’une petite gringa, ils en ont rien à foutre. Ils restent tous impassible, pas un seul me propose de l’aide.
Mais au moins, il a un téléphone? “non”. Mais il est où? “on sait pas”.
Le petit frêre arrive, tape à la porte, personne ne répond. Je sais bien, j’ai deja donné des coups de pieds dedans sans plus de résultat. Il sait pas non plus où est son frêre.
Moi je transpire, je ne hurle plus, là j’ai plutôt envie de pleurer, je suis sensée retrouver mes potes, partir le lendemain pour ma prochaine étape, je suis crevée, transpirante, toutes mes fringues sont sales et le reste est à Cuzco… Ras le cul des indigènes et de leur passivité... 
Et puis 30 minutes plus tard, le mec arrive, tout guilleret sur son tuktuk. Il était juste descendu au carrefour voir s’il pouvait se trouver quelques toristes à pigeonner en les amenant aux ruines.
Bon, je négocie quand même une petite ristourne!! 

choc culturel à Maras...

Et enfin, à 17h,à près deux heures debot dans un bus parce qu’il n’y a plus de place assises, je suis enfin de retour à Cuzco. Soulagement.

2 commentaires:

  1. Il faut admettre qu'il y a un peu de quoi péter un cable ("Petar un cablo", en espagnol ?). Mais que ce souvenir te semblera drôle dans quelques mois en plein dans la normalité parisienne réintégrée !

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  2. ma chère cousine, je crois que vos nerfs ont besoins de repos ! :)
    bisous fanny mais ne t'inquiète pas, je comprends touuuuuuuuuuuuuuuuuuut à fait ^^

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