Invitée deux jours avant par un couchsurfeur aux fetes de Guadalupe, je me rends in extremis in Pacasmayo, oú vit sa famille, ville dont je n’avais encore jamais entendu parlé la veille.
Pour s’y rendre, c’est simple, il m’explique. Tu prends le bus de nuit pour Trujillo, et tu dis au chauffeur de te laisser au « cruce san josé ».
Le chauffeur ne sait pas où c’est. Après quelques parlementations, il en conclu que c’est le cruce qui est après le « cruce de cajamarca ». Traduit en français, un point situé nowhere au pérou quelque part sur la panaméricaine entre chiclayo et trujillo. Vachement rassurant tout ça.
Mais bon, à 6h du matin, il me laisse en effet à côté d’une espece de terre plein avec quelques restaurants et plein de tuk tuk. Il n’y a plus qu’à attendre Joel, le couchsurfeur, qui lui est toujours dans son bus puisqu’il vient de Lima. 2h30 et quelques cafés plus tard on se retrouve. Comme quoi, en amerique du sud, tout est toujours possible.
Il m’amène donc dans sa famille.
Et en fait, je me retrouve dans les favelas du village du San José.
La rue ? un chemin de sable, entourée de baraques délabrées. Quelques enfants sur les pas de portes, et un soleil de plomb. Dans la maison, pas d’eau courante.
Première étape : le petit dej. J’ai le malheur d’accepter le beurre. Sauf que le frigo étant ici un concept esotérique, on me tend un pot avec un genre de liquide jaune qui dégage une forte odeur de ranci. Ce sera donc pain sec.
Autre experience remarquable : les toilettes. Seches, bien sur. Situées dans la cour, on trone au milieu des poules. Le jet de pisse fait sortir une nuée de mouche de l’interieur de la cuvette fétide. Mais la nuit, c’est bien pire… En ouvrant le couvercle… surprise ! Des dizaines d’insectes noirs épais comme mon pouce se mettent à courir en direction de la cuvette. Qu’est ce que c’est exactement, je préfère ne pas le savoir. Je me met juste a prier pour que ces choses là ne volent pas, la dernière chose que je souhaite étant qu’elles viennent voler près de… Bref. Vœu exaucé, ces bêtes semblent préfèrer se cacher dans la fange immonde qui croupit sous terre.
Voyons les choses du bon côté : ces séances me permettent d’augmenter considérablement mes capacités respiratoires, étant donné que je me vois obligée de battre des records d’apnée plusieurs fois par jour.
Ah oui, et puis la douche.
Une bassine d’eau froide, avec un bol pour se la verser dessus. Tout ça dans la cour, à la clarté des étoiles, seulement observée par quelques poules décidemment un peu trop voyeuses. Enfin ça, c’est le premier jour, parce que le lendemain les poules sont remplacées par des cochons. J’avoue avoir une nette préférence pour les gallinacées.
| coq de combat |
Mais j’oublie le plus important !! Parce que certes, c’est un peu rustique, mais alors la famille est d’une gentillesse et d’une hospitalité exeptionnelle.
| la mere et l'une des soeurs de joel |
Dès mon arrivée : « assieds toi », « non, ne bouge pas », « qu’est ce que je te sert » ; toute la famille qui me salue, m’interroge, s’affaire autour de moi… Et Joel, qui m’amène faire un tour dans la ville. Me fait faire le tour de toute sa famille. Ses sœurs, qui m’invitent à manger. A peine une heure après mon arrivée, je fait deja partie de la famille. Dire que je ne connaissait même pas Joel quelques heures plus tot !!
visite de pacasmayo:
| la plage |
| anciens rails de train, qui allait directement sur la jetée pour charger les bateaux en direction de l'europe |
| et bien sur, coucher de soleil sur la plage... |
Enfin, le soir, c’est la fiesta à Guadalupe.
Ce soir, on danse la cumbia jusqu’au bout de la nuit ! Qu’on le veuille ou pas, d’ailleurs, parce qu’il n’y a pas de moyen de transport pour revenir avant 5h du matin.
Tututum tututum… pas bien dur mais oulala… dur dur de bouger ses fesses comme les peruviennes! Tout le poids de ma culture franchouillarde dans mon corps raidi…
Sans compter qu’avec mon jean troué, mes chaussures pleines de terre et mon large imper antisex autour de la taille, je ne me sens pas véritablement comme une égérie de l’élégance parisienne… Et bien sur, tout autour de moi, toutes les latinas plus sexy les unes que les autres, talon haut, decolleté plongeant, ultra maquillées. Allez, j’essaie de me convaincre qu’elles sont vulgaires tandis que j’ai tout le charme et la legereté de la french touch !
Mon dieu, mais comment font elles pour onduler ainsi des hanches ???
| julico, paola, joel et moi |
L’un des chanteurs du groupe (los caribeños de guadalupe) est le neveu de mon hôte. Je parle donc un peu avec eux, puis ils retournent sur scène et… surprise ! A chaque chanson, je les entends hurler « para Julieta, la francesa ! ». Ca fait tout drole de se sentir VIP, même dans une ville paumée au Perou !
| les caribeños!! |
Et puis 4h du matin, fin de la musique. On termine tous à boire des bières dans la chambre de Julico jusqu’au petit matin. L’un des musicos tente de m’inviter chez lui tandis que Josué, le neveu de Joel, drague allegrement les autres filles. Marlène, sœur de Joel et évangeliste pratiquante, observe la scène avec des commentaires reproabteurs. Normal, Josué est son neveu et il a laissé femme et enfant à la maison… Il a 21 ans, sa femme en a 16 et leur fille vient de feter ses 2 ans.
Je decide de rester un jour de plus, car cette fois, je suis invitée à la maison des parents de Joel, dans un petit village encore plus perdu.
| non c'est pas le sahara... c'est la cote peruvienne! |
Coincé entre dunes de sables et champs de riz, le confort n’est toujours pas en rendez vous : pas de meubles du tout, on mange sur des pierres avec l’assiette sur les genoux. Quant au sol, c’est de la terre.
| cour de la maison (la douche est au milieu, en rouge et bleu) |
La mère de Joel me raconte qu’à 74 et 77ans, ils ne peuvent plus s’occuper de leur champs : ils viennent donc de les vendre. Et avec les sous obtenus ils ont pu s’acheter… le premier frigo de leur vie.
| le pere s'ccoupant des plantes... |
| et la mere en pleine cuisine |
Autre monde, autre repères.
Je ne suis malheureusement restée là bas que deux jours, toujours pressée par le temps. Mais que de souvenirs extraordinaires…
C'est marrant, mais tu n'as pas l'air super rassurée sur la photo 1 avec le coq. Ils sont agressifs, ces bestiaux ?
RépondreSupprimersalut julietta,
RépondreSupprimerQuel bonheur que tu me permette de rêver encore à ce majestueux péru!
Belles images que tu nous livres, belles rencontres que tu as faites,que d'expériences nouvelles, que du beau!
besitos
jojo
ça en vaut le coup ! :)
RépondreSupprimerJe t'embrasse.
Sarah.
Eh bien dis-donc, Juju tu continues les expérimentations ! Merci pour tes cours de toilettes sèches .. et habitées, c'est hilarant surtout lorsqu'on est bien au chaud à St Pardon !!! L'occasion pour moi de te remercier de nous faire partager ce journal de bord et de te souhaiter un très bon début d'année 2012. Cela semble bien parti ! T.A.T.A
RépondreSupprimermy god! avec les mails et bouts de récits échangés par skype, j'avais compris que c'était roots, mais avec ces textes et images, ça le fait bien encore beaucoup plus que ce que j'imaginais!
RépondreSupprimerBises - Dad
Eh ben dis donc!!
RépondreSupprimerCa m'a l'air bien cool ton voyage! Bon mis à part les toilettes et les douches...
Gros bisous et bonne année!!
Tu reviens quand?
Preety
là c'est sur que le choc culturel est dur mais oh combien merveilleux ! Ça remet les idées en place hein ?
RépondreSupprimerbisous et bon courage ma juju ! fanny
Dis donc, moi je te trouve drôlement mignonne sur la photo et très fraîche! Ne te fais pas kidnapper par un Joël ou un Josué au sang chaud bambina.
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