mardi 31 janvier 2012

du plaisir de voyager en Amérique du sud




Qui n’a jamais passé des heures coincé dans  des bus en Amérique du Sud n’a aucune idée de ce que le mot inconfort peut signifier.
Petite explication à l’usage des néophytes.

Pour commencer, il faut comprendre qu’il existe 3 grandes différences culturelles qui creusent un fossé entre nous, occidentaux, et les peuples andins. Ils’agit de/du:
1)    Rapport au temps
2)    Rapport au bruit
3)    l’espace vital



I.    Le temps en Amerique du sud

Pas étonnant, il est assez extensible ici.

Le mot “ahorita” en est le paradigme. Littéralement, ça veut dire “petit maintenant”.Mais il vaudrait mieux traduire par “un jour peut être”. Autrement dit, ahorita, ça peut être aussi bien 5 minutes, que 10, que des heures, voire même des jours…

Dans les transports, ça donne des bus qui partent des heures trop tard, on sait pas pourquoi. Ou qui partent “une fois qu’ils sont remplis”. Ce qui peut prendre fort longtemps. Et ça  fait toujours un peu grincer des dents quand on se rend compte que le micro (petit bus local) d’à côté s’est rempli avant le sien…
Eh, chauffeur, on part quand nous? Ahorita. Merci bien, j’aurais du m’en douter. 

Quand au temps de trajet, il est extensible lui aussi.
Inutile de compter les kilomêtres, ça n’a aucun sens ici. Sur une route de montagne non asphaltée sous la pluie, 20km peuvent prendre des allures de marathon… Et font suer à peu près autant. Surtout quand les essuie-glaces me marchent pas. 

Allez, on range son impatience et sa ponctualité au placard, et surtout… NE JAMAIS OUBLIER D’ALLER PISSER AVANT DE RENTRER DANS UN BUS!!!




















petite séance de demontage de roue impromptue 

II.    Le bruit en Amérique du Sud
Là ça se complique. Parce qu’autant, bon quand on voyage 6 mois, on est pas à deux heures près, mais par contre, les oreilles…

Comment dire… Le reggaetón à fond, la meme musique en boucle, le disque qui se raye, et puis sa voisinequi se rajoute par dessus une musique en boucle sur son portable, avec la qualité sonore qu’on imagine… à devenir fou.

Parce que oui, ici, c’est considéré comme normal de mettre de la musique à fond sur son portable et d’en faire profiter tous les passagers. Et puis donc personnene se gènepour le faire, ce qui donne une cacophonie de 10 portable différents en même temps dans le même bus. Plus la musique intrinsèque du bus. Et faut pas rêver, face à ça, les boules quies sont de maigre efficacité.

Quant à raler, c’et meme pas la peine d’y penser. Ici, quand un gamín se met à hurler ou à souffler dans un truc-qui-fait-un-bruit-horrible-que-c’est-rigolo-allez-je-le-refais-en-boucle, les parents ne disent rien. Et les autres gens non plus. Alors nous, gringos, vaut mieux se la boucler. De toute façon ça sert à rien, dans le meilleur des cas on s’attire un regard vide, voire des médisances en quechua, et ils ne diront quand même rien au gamín.

Alors,jeudi dernier, j’ai tenté une technique subtile: quand j’ai vraiment eu trop mal à la tête à cause du portable de la fille d’à côté, je lui ai tendu les écouteurs de mon MP3 avec le plus beau sourire que je pouvais faire étant donné les circonstances (un genre de rictus grimaçant, en l’occurence). Sauf qu’il y avait pas la bonne entrée pour mes écouteurs sur son portable. Elle a quand même compris la leçon… pendant 10 minutes.

Ma consommation de doliprane est en train d’augmenter dangereusement.

Allez, un peu de musique pour égayer tout ça. Voici donc… les tubes de l’été 2012!!
http://www.youtube.com/watch?v=tUgEoBFCO0E
http://www.youtube.com/watch?v=ZkUomwwsl-U
http://www.youtube.com/watch?v=CwAgiYI5c-w


III.    La notion d’espace vital en Amerique du Sud

Dans un taxi collectif taille R5, vous feriez rentrer combien de personnes, chauffeur compris? 5?
Raté, la réponse est 7 adultes plus un bébé.

Et dans un bus avec 50 places assises? Bah 70, les gens peuvent bien rester debout après tout!
Et dans les micros? Allez, 10 assis, 15 debout, plus quelques poules si on a de la chance!

Pas besoin de developper plus, je crois.


En guise de synthèse, imaginez vous trois heures dans un taxi collectif, sur la banquette arrière avec trois cholitas (deux fois plus large qu’un européen moyen), un bébé qui hurle sans discontinuer, du raggaeton à fond, une route cahoteuse quand vous avez un peu trop bu la veille et dormi 3 heures… et vous comprendrez sans doute pourquoi certains voyageurs optent pour quelques gouttes systematiques de lexomil avant de rentrer dans un transport quelconque.


ps: tous les exemple cités dans cet article correspondent à des situations vécues...

4 commentaires:

  1. J'ADORE !!!!
    Et bien que ne l'ayant pas expérimenté en amérique du sud, bien que la musique ait été différente (de l'hindi et non de l'espagnol), je pense pouvoir me représenter assez bien ces expériences insolites et... oui il faut le dire, carrément INCONFORTABLES !!! :) De plus j'imagine que vers ton bout du monde ils ne conduisent pas bien mieux qu'en Inde... ^^
    "Voyagez qu'y disaient" !!!
    sûr... dans son canap' on est bien ! ;)
    Amuse-toi bien cousine ! bisous !
    Sarah.

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  2. Je dis, et je redis donc : "Petar un cablo" !

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  3. c'est ossi ca l'aventure;-)surtout au son de cette musique endiablée !! tu nous feras une demo quand tu rentreras !!bisous la p'tite véro

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